Ces médicaments agissent vites. C'est ça ou bien l'effet placebo. Mais tout m'apparaît dans une perspective intensément normale et légèrement diffuse. Je vis toujours dans un monde de merde, mais je ne la sens pas. Disons.
Ajoutons un étourdissement constant (je ne mange pas beaucoup...(mais je garde le même poids depuis 5 ans?...)), et une sensation d'embourbement, j'ai du gruau dans la bouche quand je parle, je marche dans du gruau, je pense dans du gruau. Tout Est Gruau.
Oh, gru!
...On est si bien au lit. J'y passerais bien ma vingtaine (TROUVEZ la référence musicale pop FACILE et GAGNEEEZ... (euh... (gagnez rien))
Je me surprend (sans grande surprise) à maneuvrer subrepticement pour éviter à avoir à parler au gens dans des contextes intimes. Je donne une bonne dose de L à mon entourage inquiet puis je plante les écouteurs dans les trous endoloris de mes oreilles, et écoute en boucle Everything in its right place (Radiohead, sur Kid A). Mon entitée sociale cesse d'exister, c'est moins lourd.
Ça où je parle de cul.
Ça te vide un esprit.
La lumière, au cégep, me fait mal, me persécute, me surplombe et me cravache à longuer de jour.
Si par malheur je vois une connaissance dans la rue, je ralentis de pas, quelque fois je change de direction. Dans les corridors de l'école je fais comme si je n'avais pas vu. Je fuis le téléphone, aussi.
Proche de la fin peut-être. Enfin fini. J'ai de ces lassitudes...
Lassée de moi, lassée de ça. Courre tout le temps. Je graffigne du savon. Je suis à bout de souffle, les poumons crevés, je dois encore, toujours, courir, courir, l'oxygène ne se rend plus aux mythocondries, j'embolise, m'emplis de dioxyde, il fait froid, c'est gris et cimenté aux alentours. Je cherche l'issue, je tente de me réchauffer, replis de peau nue et froide sur replis de peau nue et froide, pas trop d'effet. Cherche les crevasses.
Ça me rattrape.
J'ai des larmes qui font l'émeute quand on m'ordonne de ne Pas Lâcher.
Pourquoi pas, au fait...? Hein?
Je pourrais me creuser un trou dans la terre, y entasser foins, feuilles et plumes déchues, me recroqueviller et prendre le moins d'espace possible. Je serais cachée. La neige aurait beau tomber.
Je rend mon tablier! Je ne veux plus. Quelque fois il fait bon ruminer ses échecs tranquillement. Trop en même temps c'est infernal.
Cortège de choses laides.
J'en suis affectée. Au travers du gruau.
-L, ou, ToutACommencéAvecUneDent...