Encore quelqu'un qui est passé du côté confortable des choses. Une autre rature dans le carnet de mes amis. Un cadavre de plus dans la pile de mes sacrifiés.
Mais c'est tellement plus simple! n'est-ce pas, tellement plus simple, de faire de gentils compromis lâches pour ses gentils amis lâches qui ont tellement, tellement peur de l'inconnu! C'est si inconfortable, non, l'inconnu. Tellement plus facile d'abattre le messager que de reconnaître sa peur. Moins mobile. Aucun risque.
Tant que ça fait pas mal! Tant que ça glisse. Tant que c'est drôle et plaisant. Mieux de se mettre deux fois la main sur le rond de la cuisinière que d'apprendre à tourner le foutu bouton. On peut toujours demander à L comment faire. "L comment on tourne le bouton?". Lui demander deux fois. Trois fois. Des milliers de fois.
Aimer sur la surface glissante et plaisante des choses. Que du facile; aucune douleur. Jamais de confrontation; c'est si.... dérangeant.
Viens on va s'amuser. On va répéter les mêmes gestes débiles sur la même musique que tout le monde aime. 7 secondes pour savoir si on l'aime. 7 répétitions, c'est de trop.
Le côté confortable des choses... Celui où on a son existence tracée d'avance, validée par sa sûreté, son infaillibilité, sa prévisibilité. Peindre les corneilles en blanc. Réduire pour mieux règner.
Se fermer, barrer la porte du cirque. Aucune chance d'orage, il y a le para-tonerre. "Ne me plongez pas dans l'abîme du doute! De toute façon j'ai mes flotteurs."
Ben sans moi, ma vieille. Je refuserai toujours de faire semblant pour faire plaisir aux autres. Je n'assumerai jamais la responsabilité de leurs veulerie. Je préfère cent mille fois mieux être seule que de me pétrir dans une pâte changeante, pour accomoder la cire des autres.
C'est ma seule richesse: mon subjectif et mon objectif tente sinon l'accord, de ne jamais se perdre de vue l'un l'autre.
Je suis la fille qui essayait de ne pas mentir. Et qui ne ferme jamais les yeux quand elle ment.
C'est pas confortable, mais c'est solide.
Alors so long. Désolée que tu sois morte.
Je le pressentais depuis deux ou trois ans, mais je ne le croyais pas...
Maintenant c'est confirmé.
So long, so long. Je ne dérangerai plus tes précieux zamis donc'fins, donc'drôles, donc'fucking'étroits. Ils peuvent continuer de s'avorter...
Je m'esquive! Légère, délestée, tu as le droit de te dire que je n'ai jamais existée.
So long.
-L