Ok ok, ça va pas si mal que ça.
Mais je boude pas mal tout.
...Comment je suis supposée être fonctionelle pour pop-Montréal après Beck?
Comment je suis supposée être tout court, après Beck?
Je n'ai pas encore les mots.
C'était une expérience religieuse, mystique. C'était une transe. C'était un immense party ou tout le monde était invité (même les nulles idiotes bourrées de sacoches qui arrêtaient pas de chiâler derrière nous, parce que y'étaient jamais aller à un show et elles trouvaient donc ça long, et elles trouvaient donc que y'avait du monde, et y'en radotaient donc des clichés.) C'était l'homme, l'Homme, dans son incarnation impossible, qui dégageait cette aura intense de promiscuité intellectuelle, de reconstruction personelle de l'univers.
C'était beaucoup trop court; aprèes deux heures, je me sentais là depuis seulement 15 minutes.
C'est assez éprouvant de penser que C'est arrivé. Un repère existenciel accompli, évanoui, déjà, moi et ma mémoire sonore de poisson rouge...
Je suis encore toute émue de la chose.
Beck tient son auditoire en haleine, ne nous ennuie pas une minute; on sent que malgré la timidité qui le caractérise spécialement, la scène est une chose naturelle pour lui, et il nous convie gracieusement à admirer l'usage tout personnel qu'il en fait.
Sa voix est moins policée que sur ses albums, mais infiniment plus vivantes et chaudes aussi.
On apprécie beaucoup la façon dont il réinterprète ses propres chansons, leur donnant des nouveaux twist tout à fait savoureux.
Son DJ, importé tout droit de Tokyo, est impressionant de compétence. Il fait de très beaux montages vidéo en direct, auxquels nous avons eu droit; des sortes de projections superimposées et psychédéliques d'images très esthétiques.
L'homme en tant que tel est petit, svelte, et naturellement blond, moi qui était convaincue du contraire. Le bleu de ses yeux est visible même à trois mètres. Il a le nez long. Il a une grâce un peu chaotique.
Quant à Islands (qui est comme on le sait un des projets post-Unicorns d'une fraction de cet ex-groupe), je ne suis pas trop convaincue, mais ils gagnent des points pour avoir jouer "Cyanide Breathmint".
J'était particulièrement extatique pendant l'interprétations des chansons "Devil's Haircut", "Sexx Laws", "Pay no Mind", "E-Pro", "Debra".
Il y a eu beaucoup de chansons de Sea Changes, album envers lequel j'ai des rancoeurs, mais que la foule appréciait car cela était récent dans leur mémoires de profanes.
Presque pas, si aucune de Mutations, que je considère comme son ouvrage le plus beau et le plus sensible (même si ce n'est pas mon préféré).
On a eu droit à plusieurs chansons fondues ensemble, ce qui était assez intéressant même si cela creusait un sentiment d'inassiété chez le fan profond (tel moi).
Il y a autre choses à dire, mais ça sera pour une autre fois.
-L