Mon deuil commence.
J'ai passé la journée à y penser. J'ai passé la journée à y dessiner.
Je me roulerais en boule dans un petit coin tranquille pour me consummer de manque et de regret. J'ai tellement peu su y faire; j'ai tout gâché et sali avec mes grosses pattes malhabiles, crasseuses. Le petit renouveau, cette sensation d'être une personne pour quelqu'un, a été brutalement ramenée à l'angoise originelle; L qui s'est perdue. Invisible L. Tout le monde brille trop fort.
...Ça n'arrange déjà pas les choses que je tangue vers plusieurs directions sans aller décidément vers aucune. Crûment: je branle, je zigne.
Qu'est-ce que je veux faire, au juste? Aller à l'école, dessiner mieux? Pourquoi je laisse tous mes travaux traîner, alors? Faire ma vie, bâtir ma personne, cash et liberté? Pourquoi je ne m'y jette pas? Lire comme une défoncée, rattraper tous ces auteurs essentiels et inombrables? J'attend quoi? Me blanchir dans une étuve de culture, un bouillonement de nouveauté et de particulier? Qu'est-ce que je fous, merde?
Qu'est-ce que j'ai? Je ne comprends pas. Ébahissement abasourdi, mollesse petite-bourgeoise, lassitude dégonflée, crevaison de l'ego, anéantissement du sens? Oui, non, ne sais pas?
J'ai besoin d'espoir. De quelque chose en avant. D'un peu de confiance. D'une preuve objective que mon existence est justifiée et valorisable venant de l'extérieur. J'ai besoin qu'on redéfinisse mon contour, je me perd dans les nébuleuses considérations des Autres, je suis leur tremplin et je me suis perdue dans leurs échelles..
Le Japon c'est loin, et je ne lui écrirai pas tout de suite.
-L